Comment saisir une littérature orale sans être influencé par sa propre poétologie, c´est-à-dire sa propre ligne de lecture poétique ? Voici la question à laquelle Michel Beaujour essaie de répondre, en réglant au passage un certain nombre de principes méthodologiques qui sont au cœur de la pratique poétologique. L´analyse des littératures orales éviterait dans le même temps que l´on s´enferme dans un discours scientifique ethnopoétique où le chercheur rendrait compte des sons et des manières de communiquer de la culture étudiée :
Ce qu´on appellera ici poétologie comparative est un discours second qui construit des poétiques et des poétologies primaires à partir de ce que les agents croient ou savent consciemment, et de ce dont ils n´ont pas (clairement) conscience, du moins lorsqu´ils parlent de poétique, soit parce que cela va sans dire, soit parce que cela relève d´un autre secteur de la culture dont la pertinence ne leur apparaît pas immédiatement (de leur point de vue). (p. 19)